Que se passe-t-il avec les prix des carburants et comment en est-on arrivés là ?

Depuis octobre 2021, les prix et l’approvisionnement des carburants ne cessent de poser problème en France comme à l’étranger. Quelles sont les raisons derrière ces crises successives ? Reprise économique, guerre en Ukraine et dernièrement d’autres problèmes sociaux contribuent chacun à leur tour à une situation précaire pour les conducteurs en France.

Pour les entreprises, ce sujet est d’une grande importance puisqu’il a eu un impact énorme sur les marges des sociétés et a entraîné une augmentation des prix des produits et services à travers le monde entier. Nous essayons de retracer ici l’évolution des prix des carburants et les raisons derrière les différentes crises.

Un premier record battu en octobre 2021

Vers la fin de 2021, la reprise économique suite à la pandémie du COVID-19 entraîne une hausse de la demande et fait augmenter les prix des différents carburants. Le gazole atteint 1,5583 euro par litre du 11 au 17 octobre et le sans-plomb de 1,6223 euro par litre de SP95 du 18 au 25 octobre. Il s’agit d’une hausse d’à peu près 30% par rapport à l’année précédente, et bouleverse non seulement les particuliers mais agit fortement sur les marges des entreprises.

On parle de „chèque carburant“, mais l’État choisit plutôt de verser une „indemnité inflation“ de 100 euros à chaque ménage dont les revenus nets sont inférieurs à 2 000 euros par mois. Pour leur part, les grandes enseignes de distributeurs pétroliers tentent d’aider les consommateurs en vendant les carburants à prix coûtant dans leurs stations service. Édouard Leclerc, patron de la chaîne E. Leclerc, en profite néanmoins pour rappeler aux français que la taxe intérieure représente près de 60% du prix de carburant payé à la pompe, et qu’une baisse de cette taxe pourrait bénéficier directement les conducteurs.

La crise énergétique suite à la guerre en Ukraine

Si les prix se stabilisent en novembre et décembre 2021, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 relance la crise de plus belle. Dès début mars, les prix atteignent de nouveaux sommets. Le gazole et le Super SP95 dépassent 2 euros par litre – une hausse de plus de 25% par rapport aux prix déjà vertigineux d’octobre 2021.

Le 11 mars 2022, suivant les données du ministère de la Transition écologique, le prix à la pompe du Super SP95 atteint 2,0286 euros le litre, et le prix du gazole arrive jusqu’à 2,1407 euros. L’autre grand choc pour les consommateurs : le prix du gazole dépasse le prix de l’essence, occurrence rare vu la fiscalité plus basse du diesel.

Cette hausse des prix est liée directement à l’évolution du prix de baril de pétrole, qui dépasse les 100 dollars et atteint son plus haut cours depuis 2014. L’incertitude sur le marché fait également exploser les prix, avec une ruée sur les denrées de pétrole raffiné existant qui font directement augmenter les prix en France.

La ristourne carburant à la pompe : de 18 à 30 centimes par litre

Pour faire face à cette nouvelle crise, le Premier ministre Jean Castex annonce dès le 12 mars une subvention de l’État de 15 centimes par litre de carburant. Cette ristourne est appliquée directement à la pompe, pour tous les consommateurs, peu importe leur revenu ou statut juridique. Cette mesure est estimée pouvoir économiser 9 euros par chaque plein de 60 litres, et Matignon compte la financer avec la TVA supplémentaire engrangée sur la hausse des prix de carburant lors des six mois précédents. Elle passe finalement à 18 centimes en métropole afin de prendre en compte le montant de TVA appliquée, et entre en vigueur le 1er avril.

Si à l’origine cette aide ne devait à durer que quatre mois, jusqu’au 31 juillet, Emmanuel Macron confirme sa prolongation lors d’un été difficile avec des pics élevés de prix d’essence et de gazole. C’est la loi pouvoir d’achat passée afin d’alléger les coups de l’inflation qui annonce que la ristourne de 18 centimes est prolongée jusqu’au 31 août, et qu’elle sera ensuite augmentée jusqu’à 30 centimes jusqu’au 1er novembre.

En plus de la ristourne gouvernementale, TotalEnergies annonce en août une nouvelle ristourne aux consommateurs : 20 centimes par litre à la pompe de septembre à novembre, ramenée à 10 centimes de novembre jusqu’à la fin de 2022. Bruno Lemaire, ministre de l’économie, est fier d’annonce que les deux ristournes devraient pouvoir rendre possible un prix de 1,50 euros par litre d’essence à la pompe.

La pénurie de carburant d’octobre 2022

Suite à une rentrée qui avait vu baisser les prix d’essence et de gazole en septembre, le mois d’octobre s’annonce difficile. Les chiffres du gouvernement du 6 octobre indiquent que 15% de stations-service en France ont des difficultés d’approvisionnement sur au moins un type de carburant, avec plus de 30% des stations dans les Hauts-de-France perturbées.

Ce phénomène concerne particulièrement les stations de TotalEnergies, représentant un tiers des stations en France. Les files d’attente commencent à s’allonger devant les stations-service dans certaines régions, et le phénomène est aggravé par la volonté de certains conducteurs de se constituer des réserves de carburant.

La pénurie touchant en particulier TotalEnergies est due à une mouvement de grève dans certaines raffineries du géant pétrolier. Face aux profits records du secteur, les salariés réclament une augmentation de 10% et font cesser le raffinage en Normandie, soit 22% du raffinage de la France entière. L’ironie qui fait aggraver la situation dans les stations-service TotalEnergies est la ristourne octroyée par le géant pétrolier lui-même, et qui pousse les conducteurs à s’y rendre avec plus de fréquence que chez ses compétiteurs. La pénurie s’étend cependant à différents distributeurs, jusqu’à atteindre près d’un tiers de toutes les stations-service en France.

Les manifestations s’enchaînent, avec 107 000 personnes descendues dans les rues le 18 octobre pour réclamer une hausse des salaires et dénoncer les réquisitions de grévistes. Les grèves continuent, et les perturbations touchent également la SNCF. La nouvelle Première ministre, Elisabeth Borne, annonce une prolongation de la ristourne de 30 centimes jusqu’à mi-novembre, soit deux semaines de plus qu’initialement prévu pour cette mesure.

En dépit des négociations et d’une amélioration de la situation, puisque la grève ne touche plus que deux raffineries (en Normandie et dans le Rhône), au 26 octobre plus de 20% des stations-service en France rencontrent encore des difficultés d’approvisionnement. À Paris, une station sur trois est entièrement à sec, et les images des queues devant les stations-service font le tour de l’Europe. Les prix demeurent élevés, avec le prix de l’essence à la pompe à Paris dépassant facilement 2 euros par litre là où il est possible d’en trouver, et la gazole bien au-delà de 1,8 euros le litre.

Cependant, le 8 novembre les grévistes CGT de la raffinerie TotalEnergies de Feyzin, dans le Rhône, annoncent finalement la cessation du mouvement de grève. Il s’agit de la dernière raffinerie à lever la grève et marque la fin de 42 jours de mobilisation. Si les difficultés d’approvisionnement semblent être achevées, la crainte d’une insécurité énergétique durant une période hivernale compliquée demeurent.

À quoi s’attendre pour la fin de 2022 ?

Emmanuel Macron promet des aides aux gros rouleurs, étudiants et PME, et encourage surtout les citoyens à travailler davantage pour surmonter la crise. La ristourne carburant redescendra à 10 centimes mi-novembre, et avec un peu de chance la pénurie cessera. Cependant, une chute de l’activité économique et une crise énergétique plus élargie ne présagent rien de positif pour l’hiver.

Pour les entreprises, aucune aide particulière n’a été annoncée pour faire face à la crise des prix et de l’approvisionnement de carburant.

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