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Digitalisation de la fonction finance : les enseignements de la crise sanitaire

6 octobre 2022   |   13 minute de lecture
deux femmes devant un ordinateur portable

Étape par étape, la digitalisation a fait son chemin au sein de la fonction finance depuis les années 90. Mais son développement était freiné par des obstacles psychologiques et techniques. La crise sanitaire les a bien souvent emportés. Un aspect positif qui comporte un revers.

Après la suite Office dans les années 90, le déploiement d’ERP au début des années 2000 puis l’externalisation ou à la mise en place de centres de services partagés, sont arrivées sur le marché au milieu de la décennie 2010-2020, les applications Robotic Process Automation (RPA). La fonction finance apparaît comme très convaincue de l’intérêt de ces outils qui permettent de transformer les tâches simples, répétitives et à faible valeur ajoutée en programme informatique, à 78 % selon une étude Gartner. Pourtant, en 2021, seules 20 % des entreprises de 50 à 500 salariés utilisaient une solution d’automatisation et de dématérialisation des processus factures fournisseurs selon le Baromètre 2021 The state of Automation in Finance.

Les freins à la digitalisation ? Emportés par la crise sanitaire !

Trois freins principaux ont été identifiés à l’occasion de cette enquête menée par Mazars, Yooz et la DFCG, association nationale des directeurs financiers et du contrôle de gestion : la complexité des processus, la multiplicité des canaux (papier, courriel, EDI, scan…) et la gestion du changement. Outre le fait de disposer des données exploitables et d’avoir la capacité de modifier les process internes et externes (relation clients et fournisseurs notamment), il convient aussi de bien définir ce qui est attendu d’un chantier de digitalisation pour en choisir les moyens et donc les supports technologiques. À cet égard, la crise sanitaire est riche en enseignements. Les confinements, le travail en distanciel, et donc la nécessité de poursuivre les activités dans un tel contexte, ont poussé bien des entreprises a adopter en urgence des solutions digitales pour répondre aux besoins spécifiques nés de la situation issue de la Covid-19.

Dépasser la logique de réaction pour adopter celle de la valeur

Les réponses apportées par le numérique sur le court terme ont permis de survivre, voire de lever des blocages psychologiques et/ou des freins technologiques. Envoi des factures clients par Internet, transfert électronique en interne de documents qui prenaient auparavant la voie du courrier ou signature électronique avec les avocats, bien des domaines se sont digitalisés à cette occasion au sein des entreprises, notamment au sein des plus rétives. En conséquence, il n’y a plus guère de débat aujourd’hui sur l’utilité de digitalisation. Mais cette réactivité dans l’urgence a mis en lumière une réalité : pour être pleinement utiles, les chantiers digitaux ne doivent pas être seulement cantonnés à une réaction ou à un objectif d’efficacité. Ils doivent constituer des projets d’entreprise, avec une démarche de fond visant à apporter de la valeur.
In fine, la vraie question est non pas celle du coût de l’automatisation financière mais bien des coûts de la non-automatisation financière dans toutes ses composantes.

Première publication le 9 juin 2022 sur DAF Mag.

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